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Pigeon Vert Presse

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DECLARATION DU GROUPE PARLEMENTAIRE MLPC RELATIVE AU DISCOURS PROGRAMME DU PREMIER MINISTRE CHEF DU GOUVERNEMENT Son excellence SIMPLICE MATHIEU SARANDJI

 DECLARATION DU GROUPE PARLEMENTAIRE MLPC RELATIVE AU DISCOURS PROGRAMME DU  PREMIER MINISTRE CHEF DU GOUVERNEMENT Son excellence SIMPLICE MATHIEU SARANDJI

Conformément à l’article 54 de la Constitution du 30 mars 2016, Son Excellence Simplice Mathieu SARANDJI, Premier ministre, Chef du Gouvernement a exposé devant la représentation nationale, en date du mardi 07 juin 2016, son programme de politique générale.
Le Groupe Parlementaire du « Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain » (MLPC) a suivi avec une attention particulière ce discours-programme et s'est ensuite attelé à l'examiner dans ses moindres détails et dans son intégralité. Ce double exercice est impératif car à travers les représentants de la nation, c'est l'ensemble du peuple centrafricain qui veut s'assurer de la crédibilité et de la fiabilité de votre feuille de route.
Nous commencerons par des observations de forme: le groupe MLPC pense que votre discours-programme est excessivement long, soit 73 pages au total. En plus, avec l'enchevêtrement des priorités et des engagements forts, et la redondance de certaines thématiques, il n'est pas aisé d'identifier le fil conducteur de votre programme politique.
Mais passons à l'essentiel, c'est-à-dire au fond: dans tout le discours programme, il n'y a aucun chronogramme d'exécution des nombreuses actions que vous énumérez, et encore moins d'indications sur le coût de ces différents projets et programmes. Si comme vous l'affirmez, la pression fiscale est de 7,1% du PIB et que les salaires et autres fonctionnement absorbent 6% du PIB, votre marge de manœuvre est de 1,1% du PIB en recettes fiscales.
Comment vous allez vous y prendre pour accroître sur la durée la pression fiscale et financer le développement de ce pays post-conflit? Nous ne voyons pas d'indications ni de réponses claires à cette interrogation, car l'argent constitue le nerf de la guerre, et sans garantie ni certitude de ressources internes conséquentes, aucune politique de croissance et de développement ne pourra être menée dans la durée.
Votre programme de politique générale est articulée autour de quatre grands axes prioritaires qui nous inspirent les interrogations suivantes:

I_ SUR LA PREMIERE PRIORITE DU GOUVERNEMENT : PAIX, SECURITE ET COHESION SOCIALE, nos préoccupations portent sur quatre points:
Premièrement, en pages du 5, 6 et 7 du document vous avez développé votre vision du programme national de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Le Groupe Parlementaire MLPC constate que dans votre gouvernement, aucun ministre n'est en charge du DDRR, puisque c'est un Ministre Conseiller Spécial du Président de la République, Coordonateur du DDRR, à la RSS et la Réconciliation Nationale, nommé par Décret N° 16.247 du 18 mai 2016 qui en a en charge cette responsabilité.
Il résulte de cette situation que l'Assemblée nationale se trouve de facto dessaisi de toute possibilité d’interpellation du Ministre en charge du DDRR et de la RSS puisqu'il n'y en a pas au gouvernement. Cette situation ne va pas sans violer la disposition de l’article 89 de la Constitution du 30 mars 2016 qui énonce les moyens d’information, de contrôle et d’action du Parlement sur le Gouvernement au nombre desquels, il faut ranger l’interpellation collective du gouvernement, et l’interpellation individuelle des membres du gouvernements. Il nous faut une réponse de votre part par rapport à cette situation de droit.
Deuxièmement, aujourd'hui toute la population centrafricaine réclame à cor et à cri le redéploiement sur le terrain des Forces Armées Centrafricaines (page 11 1er et 2ème paragraphe). Cependant, votre discours programme ne fait allusion à aucun chronogramme relatif à la formation, à l’équipement et au déploiement des éléments FACA sur le terrain, dans un contexte où les groupes armés semblent reprendre du poil de la bête et écument différentes zones du nord et de l’est du pays.
Troisièmement, à la page 11, vous affirmez que le groupe terroriste Boko Haram est déjà présent dans le nord de notre pays. Compte tenu du mode opératoire de ce groupe terroriste, vous devez nous informer des mesures envisagées par le gouvernement pour leur faire face, si vous confirmez cette information.
Quatrièmement, à la page 15, vous parlez des 176 Maires que compte le pays, sans nous dire si les Maires en Centrafrique vont assez rapidement être élus ou si la pratique des délégations spéciales a encore de beaux jours devant elle. Nous rappelons que la lettre et l’esprit de l’article 129 al. 3 de la Constitution du 30 mars 2016 impose que les Maires soient désormais élus.

II-SUR LA DEUXIEME PRIORITE DU GOUVERNEMENT : LA RELANCE ECONOMIQUE
Sur cette seconde priorité, le Groupe Parlementaire MLPC relève les points suivants:
Premièrement, on note, qu'à la page 22, il est évoqué la volonté du Gouvernement de relancer durablement l’agriculture, mais aucune mesure concrète n'est proposée pour la relance des filières agricoles, notamment les filières du coton, du café, et du palmier à huile, notamment de la palmeraie de Bossongo, pour ne citer que ces trois secteurs.
- le secteur du coton, qui fait vivre plus d'un million de centrafricains, est en mort clinique: depuis la disparition après le 15 mars 2003 de la Société Cotonnière Centrafricaine (SOCOCA), les cotonculteurs sont en proie à de graves problèmes : très faible production, non achat, précarité sociale des producteurs, dégradation avancée des routes, pistes et ponts autrefois entretenues par la filière cotonnière. En lieu et place de la SOCOCA, et depuis 2006, nous avons plutôt une Cellule Coton directement rattachée au Ministère de l’Agriculture, dépourvue de tout statut juridique, et donc de personnalité juridique nécessaire à l’accomplissement de ses fonctions. Le Groupe Parlementaire MLPC pose donc au Premier ministre, Chef du Gouvernement, la question de savoir ce que le gouvernement compte faire pour opérer un changement rapide dans ce secteur si important de l’économie nationale ?
- la filière caféière est totalement désorganisée et, le café centrafricain produit dans des conditions très difficiles est vendu au tiers du prix normal c'est-à-dire bradé à des acheteurs souvent venus des pays voisins.
- Enfin la filière de l'huile de palme, avec la société CENTRAPALM traverse une grave crise sans que soient recherchées, proposées et appliquées des mesures de redressement. Que compte faire le Gouvernement actuel pour une redynamisation de cette filière et pour sauver cette exploitation?
Deuxièmement, si la mise en valeur de nos richesses minières évoquée en page 29 ne peut se concevoir sans la révision du Code Minier, il est plus urgent que les différentes conventions existantes et à venir soient connues de la représentation nationale, afin d'en vérifier les apports réels sur le plan fiscal et budgétaire..
Pour terminer, nous relevons que le présent débat politique qui est d’une grande importance pour notre pays n’est malheureusement pas suivi en dehors de la capitale Bangui, du fait que la Radio nationale centrafricaine n’émet plus sur les ondes courtes depuis le sabotage des installations de Bimbo. Même si dans votre discours programme, vous n'avez pas fait mention de la volonté du gouvernement de parvenir dans un bref délai à une réhabilitation totale de la Radio nationale, dans l’intérêt du peuple centrafricain, nous espérons que vous y penserez.
Le Groupe Parlementaire MLPC vous accordera sa confiance, Monsieur le Premier ministre, et nous vous jugerons à l'acte. La confiance oui, mais la vigilance sera de mise !

C’est pour cela que la mission assignée au Gouvernement dans le domaine de la diplomatie est de la rendre plus dynamique et visible, de manière à améliorer le climat politique avec ces pays partenaires et de mieux faire connaître notre pays à l’extérieur.

Par conséquent, nos ambassadeurs doivent servir de relais pour vendre notre image et nos opportunités économiques, en vue de susciter l’intérêt des investisseurs étrangers, susceptibles de redynamiser le secteur privé, longtemps affaibli par les multiples crises politico-militaires qui ont secoué notre pays.

Pour ce faire, des moyens doivent être octroyés à nos Ambassades pour leur permettre d’assurer une meilleure représentativité dans leur pays d’accréditation. Le personnel à mettre à la disposition des chancelleries dans les pays amis doivent être choisis sur la base de critères de compétence, d’intégrité et d’expérience.

Le Gouvernement mettra en place un mécanisme de circulation d’informations entre les services centraux et les ambassades pour saisir et exploiter toute information utile à l’échelle nationale et internationale pouvant apporter des valeurs ajoutées à notre pays. Des rencontres périodiques sont à programmer pour faire le point de notre diplomatie, ajuster les efforts à fournir pour la rendre plus performante.

En tout cas, la République Centrafricaine aura un partenariat conséquent avec tous les pays respectant les principes fondateurs de la démocratie, du respect de l’autre, conformément à la Charte des Nations Unies.

Il s’agit d’une coopération «gagnant-gagnant» avec tous les Etats désireux de participer à la promotion de notre pays, pour nous sortir de ce cycle répétitif de conflit, de fragilité et de sous-développement, dans le strict respect de la souveraineté et de l’indépendance nationale, dans l’entente et la concorde internationale.

Pour exister réellement sur la scène internationale, la République Centrafricaine doit :

- Assurer une représentation à la mesure de ses ambitions et de ses objectifs de développement dans les différentes régions du monde, en fonction de leur importance économique, géopolitique et géostratégique.

- Accorder une attention particulière à sa diaspora dont les membres les plus entreprenants doivent être l’illustration de notre culture et le rayonnement de la République Centrafricaine., tout en apportant leur aide au développement du pays.

L’ambition du Gouvernement est d’œuvrer pour que la République Centrafricaine occupe une place respectable et fasse entendre sa voie sur la scène internationale.

En ce qui concerne la francophonie, outre les autres domaines relatifs aux Droits de l’homme et la Culture de la paix, le Gouvernement s’emploiera à promouvoir la langue française, la langue Sango et certaines langues internationales et en particulier l’anglais, au demeurant utiles à la pleine participation de la RCA dans la dynamique de la mondialisation.

Au sujet de nos relations avec les Pays Emergents et le Monde Arabe.

L'un des défis majeurs de notre pays étant la mise en œuvre du programme du Gouvernement, il va falloir réajuster les choix stratégiques objectifs opérés jusque-là par la mise en place des lignes directrices bien déterminées.

Il s'ensuit alors, la nécessité de redynamiser et de procéder à une meilleure approche dans la coopération bilatérale et multilatérale avec les pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Russie, Afrique du Sud) et avec les pays membres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) et de la Ligue Arabe.

Il y a donc lieu de développer les mécanismes de partenariat entre les secteurs privés arabes et centrafricains de manière à renforcer la présence des investisseurs privés dans notre pays.

La RCA étant membre observateur de l’OCI, elle ne cesse de mettre à profit toutes les occasions pour réaffirmer sa volonté et sa disposition à œuvrer à l’adhésion en qualité de membre permanent de cette Organisation de coopération.

Par ailleurs, l’appui d’un certain nombre de pays arabes amis aux efforts de développement engagés par la RCA se manifeste à travers leur participation régulière, aussi bien par le biais des fonds de développement (Fonds saoudien de Développement, la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique, Fonds de l’OPEP) et des institutions financières (Groupe de la Banque Islamique de Développement), que par la contribution du secteur privé arabe à la réalisation des grands projets d’infrastructures et de développement social.

4ème Priorité : AFFAIRES SOCIALES ET ACTIONS HUMANITAIRES

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
C’est avec beaucoup d’émotion et d’engagement que je voudrais aborder avec vous le secteur des affaires sociales, les questions du genre et de réconciliation au cœur desquelles se trouve la situation de la femme, au demeurant principale victime de la crise politico-militaire qui a sévi dans notre pays durant les années écoulées.

Avec la dernière et profonde crise militaro politique, de nombreuses femmes et filles ont été victimes de violences sexuelles. Cette mauvaise pratique a tendance à se généraliser mettant ainsi à mal l’intégrité physique et morale des victimes et bafouant leurs droits les plus élémentaires.

Le Gouvernement développera plusieurs programmes dans les domaines des affaires sociales, du Genre, de l’Action Humanitaire, du Développement Communautaire et de la Réconciliation Nationale.

Plus concrètement dans ce domaine, le Gouvernement s’engage à créer à Bangui et dans toutes les préfectures une maison de la femme.

La maison de la femme sera un lieu d’échange entre les femmes venant de tous les horizons avec diverses expériences permettant le renforcement de leurs capacités théoriques et pratiques. La Maison de la Femme permettra aux femmes de s’informer, de se former et d’accéder aux nouvelles technologies de l’information.

De même il sera procédé au renforcement des dispositifs juridiques pour protéger les droits des femmes.

La République Centrafricaine se veut un pays de droit. Malheureusement les droits des femmes sont généralement bafoués compte tenu de certaines raisons dont les pesanteurs socio culturelles qui y sont encore très vivaces. Les instruments juridiques nationaux seront renforcés pour la revalorisation du statut de la femme centrafricaine et pour la protection de ses droits.

Le Gouvernement veillera à l’opérationnalisation de l’Unité Mixte d’Intervention Rapide contre les violences sexuelles et basées sur le genre. Elle sera rendue fonctionnelle dans un bref délai pour protéger les femmes et les filles contre les violences sexuelles et basées sur le genre. Cette structure sera mise en place progressivement dans les villes de l’arrière pays.
Un Centre de Prise en Charge Globale des victimes des violences qui regroupera tous les services sanitaires et psychosociaux sera crée pour prendre en charge les survivantes.

Des dispositions seront prises pour la protection des droits de l’enfant. Le gouvernement va tout mettre en œuvre pour garantir la jouissance de leurs droits avec le Conseil National de Protection de l’Enfant et les partenaires.

Enfin, le gouvernement va réactiver les actions de développement à la base avec la méthode participative pour la relance des activités productrices de richesses et d’autopromotion des populations à la base.

Les Agents du Développement Communautaire (ADC) diplômés et en chômage seront mis à contribution dans les actions du Gouvernement en la matière.

Dans le domaine humanitaire, il faudra noter que la situation humanitaire en Centrafrique a été désastreuse avec la grande et profonde crise de 2013. Des milliers des compatriotes continuent de vivre dans des situations inhumaines qui n’honorent pas notre pays.

Le gouvernement va mettre en œuvre, avec l’appui des partenaires, des actions vigoureuses visant l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes.

Le Gouvernement a déjà commencé, sous les auspices du Président de la République, Chef de l’Etat, les réflexions visant le retour des compatriotes des sites de refuge.

Ces opérations vont se poursuivre avec la mise place des mesures d’accompagnement en tenant compte des normes internationales.

Pour les compatriotes réfugiés à l’étranger, en concertation avec les pays d’accueil et les partenaires, des réunions tripartites vont être organisées et les intentions de retour seront collectées pour assurer un retour dans la dignité.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
La Réconciliation Nationale étant au cœur de la Profession de Foi de Son Excellence le Professeur TOUADERA, aucun effort ne sera ménagé pour sa matérialisation.

Aussi, le Gouvernement mettra en place des Comités locaux de Paix et de Réconciliation (CLPR), avec pour mandat de promouvoir la culture de la paix, le respect de la vie, de la personne humaine et de sa dignité, de tous les droits de l'homme et combattre par des moyens pacifiques la violence sous toutes ses formes.

Le Gouvernement mettra également en place la Commission Vérité, Justice, Réparations et Réconciliation.

La majorité des populations qui s’est exprimée pendant les consultations populaires à la base, estime que la principale cause de la récurrence des crises en Centrafrique avec ses corollaires que sont les violations graves et massives des droits de l’homme, est l’impunité. Elle a souligné l’importance de poursuites judiciaires des présumés auteurs de crimes graves devant les différentes juridictions pour ne plus jamais laisser la place à l’impunité.

D’ores et déjà, il est institué une Journée commémorative à la Mémoire des Victimes des crises militaro-politiques en Centrafrique, dont la cérémonie inaugurale a eu lieu le 11 Mai 2016. Un Mémorial dédié à la mémoire des victimes sera construit dans un futur proche.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Comme vous le savez, la République Centrafricaine a souscrit aux Objectifs de Développement Durable qui visent entre autres à abolir la discrimination à l’égard des femmes et des filles dans le monde entier.

La problématique de la promotion et l’autonomisation de la femme et l’égalité de sexe restent entière en Afrique et un peu partout dans le monde. Notre pays ne fait pas exception.

C’est pourquoi, le Gouvernement mettra un accent particulier sur les actions en faveur de la promotion des droits de la femme, la promotion du genre et l’importance de préparer les futures générations à l’atteinte de la parité 50/50 à l’horizon 2030.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Il n’ya pas de bonheur sans la santé. Notre pays la République Centrafricaine est aujourd’hui parmi les pays dont l’espérance de vie de la population est la plus courte au monde, en raison du faible niveau de couverture sanitaire des populations. La situation s’est aggravée depuis la crise.

En effet, la crise sans précédent qui a atteint notre pays depuis 2012 a occasionné :

- Le pillage et la destruction des infrastructures sanitaires et des moyens logistiques du Département de la Santé ;

- La désertion des formations sanitaires de l’arrière pays par le personnel ;

- Le décès d’un grand nombre d’agents de santé ;

- Un important déplacement des populations sur l’ensemble du pays ;

- Une augmentation de la vulnérabilité aux diverses maladies.

Tous ces phénomènes ont entraîné une déliquescence du système de santé manifestée par une insuffisance patente dans toutes les composantes du système, notamment :

Une insuffisance en ressources humaines, en équipements médico-techniques ; une insuffisance en nombre de formations sanitaires, en secteur pharmaceutique, en gouvernance du système de Santé par le département et une insuffisance en financement des services de santé.

En fait , Il y a un déficit d’environ 2 000 personnels qualifiés au total, avec une pénurie d’agents surtout dans les formations sanitaires de province où il y a peu de Médecins, de Sages-femmes, d’Infirmiers diplômés d’Etat et même d’infirmiers assistants et d’assistantes accoucheuses. Il n’y a dans le pays aucun Médecin anesthésiste-réanimateur national.

Même dans les hôpitaux centraux, il n’y a pas de scanner, pas d’appareil fonctionnel de mesure de la charge virale pour suivre adéquatement le traitement du Sida, pas d’appareil d’hémodialyse, pas de matériels d’ostéosynthèse pour le traitement des fractures complexes, une insuffisance en système de fourniture d’oxygène.

L’insuffisance en ressources humaines qualifiées et du plateau technique motive le grand nombre d’évacuations sanitaires grevant lourdement le budget de l’Etat ; soit près de 2 milliards de Fcfa, en instance de règlement.

A cela s’ajoute la faillite de l’Unité de Cession du Médicament (UCM) pour mauvaise gestion ayant pour conséquence la prolifération des médicaments de la rue, véritable danger pour la population, et la vente parallèle des médicaments dans les formations sanitaires publiques par des agents de santé.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Compte tenu de tous ces problèmes, le Gouvernement se propose de :

- Restaurer la centrale nationale d’achats de produits pharmaceutiques, l’Unité de Cession de Médicaments, dont le dossier de relance des activités est déjà finalisé depuis octobre 2015 ;

- Assainir le secteur pharmaceutique ;

- Veiller à la formation continue du personnel pour renforcer leurs capacités techniques et éthiques avec les institutions ordinales tels que l’Ordre des Médecins, Chirurgiens-dentistes et pharmaciens, l’Association des Sages Femmes et Infirmiers accoucheurs ;

- Soutenir les filières de spécialités médicales et paramédicales ouvertes à la Faculté des Sciences de la Santé et en créer d’autres selon les besoins ;

- Rechercher des stratégies de motivation pour fidéliser les cadres à leurs postes et éviter la fuite des cerveaux.

- Construire et réhabiliter les formations sanitaires et réactualiser la cartographie sanitaire du pays ;

- Doter le Centre opérationnel des urgences en santé publique(COUSP) de moyens adéquats pour son fonctionnement ;

- Améliorer les plateaux techniques des hôpitaux centraux et des hôpitaux de provinces,

- Equiper le Centre National Hospitalier Universitaire de Bangui (CNHUB) de façon à y loger certains services spécialisés et limiter le nombre des évacuations sanitaires : hémodialyse, scanner, service de cancérologie, etc ;

- Créer un centre de diagnostic de stature internationale avec des équipements modernes pour compléter l’offre de services de santé au niveau national. Une étude de faisabilité de la télémédecine sera faite ;

- Renforcer les capacités de notre système de santé en recherche biomédicale, notamment sur la pharmacopée et la médecine traditionnelles, de façon à valoriser la médecine traditionnelle. Ce renforcement sera fait en collaboration avec le Centre d’Etude et de Recherche en Pharmacopée et Médecine Traditionnelle Africaines (CERPHAMETA) de l’Université de Bangui ;

- Instaurer un système d’assurance maladie universelle afin de répondre plus efficacement au problème de prise en charge des cas d’urgence et des personnes démunies ;

- Finaliser le Code centrafricain de santé publique ;

- Améliorer la gouvernance du système de santé par le Département de la Santé et renforcer le leadership du Département par l’application rigoureuse des textes :

- Procéder à l’extension aux 16 préfectures de la stratégie du Financement Basé sur la performance qui complète harmonieusement celle des Soins de Santé Primaires avec Recouvrement des coûts car elle favorise le développement plus rapide des formations sanitaires aussi bien centrales que périphériques ;

- veiller à l’élaboration très rapide d’un plan National de développement sanitaire 2017-2020 pour prendre le relai du plan intérimaire santé 2015-2016 en cours de réalisation.

Dans le domaine de la lutte contre le Sida qui est la 2ème cause de mortalité après le paludisme. il faudra rappeler que pendant les cinq dernières années notre pays a payé à ce fléau un lourd tribut, soit environ :

- 45.000 personnes nouvellement infectées ;

- 37.500 décès
- 430.000 orphelins

L’impact est donc socialement et économiquement lourd. Aujourd’hui, le Sida n’est pas seulement un problème de santé, mais également un problème de développement car il est une grande cause de pauvreté.

Actuellement, il y a environ 120 000 personnes vivant avec le VIH/ SIDA en République Centrafricaine. Au moment où la courbe de la prévalence de cette maladie commençait à se stabiliser à 4,9 % selon les enquêtes de 2010, la crise est venue tout compliquer et risque de nous faire perdre nos acquis antérieurs.

Les résultats de l’enquête de séroprévalence auprès des femmes enceintes en cours de finalisation nous édifieront.

C’est pourquoi, le Gouvernement a inscrit la lutte contre ce fléau dans ses priorités et s’appliquera à prendre les mesures nécessaires afin d’accélérer la riposte conformément aux engagements internationaux pris en vue de l’élimination du Sida à l’horizon 2030.

Dans cette optique, les principales actions prévues dans le plan National Stratégique de lutte contre le Sida 2016-2020 seront mises en œuvre ; notamment :

- L’amélioration de l’accès aux traitements Antirétroviraux et aux soins ;

- Le renforcement des capacités de la Coordination Nationale du Comité National de lutte contre le Sida (CN/CNLS) et de ses structures décentralisées

Des moyens accrus seront mobilisés par le Gouvernement en collaboration avec tous les partenaires car la victoire sur le Sida nécessite une grande solidarité internationale et nationale.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Permettez-moi d’aborder avec vous un des sujets les plus graves. Il s’agit de l’éducation de nos enfants, ceux qui auront la charge de gérer notre avenir commun, notre retraite et la postérité du pays.

En effet, l’éducation nationale fait partie des secteurs qui ont été profondément impactés par les crises à répétition que la République Centrafricaine a traversées durant les deux dernières décennies. La série des grèves illimitées des années 1992 à 1999, les années blanches régulièrement intervenues entre 2003 et 2010, ont été à la base de la désorganisation du système éducatif national, qui a régulièrement dépéri jusqu’à ce jour. Les résultats de cette situation catastrophique, désormais encastrés dans notre vécu quotidien sous différents aspects, appellent de notre part des réponses courageuses et appropriées.

Il convient de rappeler que pour éviter de sombrer complètement, le Ministère de l’éducation nationale depuis au moins une vingtaine d’années a été amené à adopter une stratégie de survie, en s’adaptant à un environnement sociopolitique complexe, faisant ce qui était encore possible, pour sauver des activités pédagogiques de façade.

Mais dans le fond, en termes de qualité et de résultats attendus, l’éducation et la formation des jeunes Centrafricains ont perdu de la hauteur et se situent depuis autant de temps déjà, en deçà de la moyenne sous-régionale, ce qui constitue un handicap majeur pour la sauvegarde de l’avenir de la République Centrafricaine.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
La situation déplorable de l’éducation dans notre pays, que je viens d’évoquer, impacte sur la prestation dans nos administrations.

Il ne m’appartient pas de vous dire que nos administrations souffrent énormément de la chute vertigineuse de la qualité de la formation dispensée dans nos établissements, aussi bien publics que privés et que cette situation dramatique, conséquence du dysfonctionnement de notre système éducatif, s’est étendue à tous les niveaux et sur l’ensemble du territoire national.

Les facteurs et les causes ayant conduit à cette catastrophe nationale sont :

- l’état des infrastructures scolaires dont la planification n’a pas été à la hauteur de la croissance démographique du pays ;

- le relâchement des enseignants sur fond de démotivation généralisée, consécutive à une situation sociale traumatisante;

- les multiples décès enregistrés dans les rangs des enseignants ;

- le recrutement hasardeux d’une certaine catégorie d’enseignants du fondamental 1;

- la pauvreté galopante ayant brisé l’autorité des parents qui ont renoncé à assurer le suivi de la scolarité de leurs enfants ;

- le dégarnissement des bibliothèques pour ne pas parler de leur disparition ;

- la corruption et le marchandage qui se sont invités dans les rapports entre les élèves, les étudiants et le corps enseignant ; et

- l’inadéquation entre les programmes des cours et les besoins en matière de développement de la République Centrafricaine.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Face à ce constat troublant pour l’avenir de nos enfants et celui de notre pays, il nous faut réagir avec clairvoyance.

J’estime donc que nous avons l’obligation de rétablir la dignité des enseignants dans notre pays. C’est ce que nos compatriotes attendent. Nous avons l’obligation de reconquérir leur confiance, par des initiatives salvatrices pour notre système éducatif. C’est par ce moyen et par ce moyen seulement qu’il nous sera possible de sauver l’instruction et la formation, qui sont les piliers de l’avenir.

Sur ce constat, les recommandations du Forum National de Bangui offrent des pistes telles que :

- La redynamisation de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique;

- la réactivation de la formation professionnelle et technique ;

- Le redéploiement de l’enseignement primaire et secondaire sur l’ensemble du territoire national ; et

- la création d’institutions de formation des maîtres, réparties sur le territoire ;

- l’adéquation entre la formation et l’emploi.

Au regard de ces défis, il est urgent de procéder à :

- l’évaluation immédiate des problèmes auxquels est confronté ce Ministère tant sur le plan matériel, financiers que des ressources humaines ;

- l’appui à l’Ecole Normale Supérieure et aux Centres de formation des Instituteurs pour les rendre plus efficaces ;

- La construction de nouveaux établissements d’enseignements primaires et secondaires, afin de désengorger nos écoles aux effectifs pléthoriques;

- La relecture des cahiers de charges des établissements privés en vue de leur harmonisation avec les programmes scolaires nationaux;

- La relecture des programmes scolaires des fondamentales 1 et 2, afin de les adapter aux besoins réels de formation des jeunes ainsi qu’aux urgences en matière de développement de la République Centrafricaine.

En vue de créer un environnement acceptable pour les étudiants centrafricains, le Gouvernement s’engage à entamer des consultations, dans le but d’étudier les modalités de construction de nouveaux établissements universitaires dans notre pays.

Le Gouvernement ne ménagera aucun effort pour créer d’autres Universités en tenant compte de la géographie de notre pays. Cela facilitera les conditions d’études à nos jeunes qui, pour la plupart, sont obligés de quitter leur environnement familial pour se rendre à Bangui où les conditions de vie ne sont pas toujours propices pour leurs études.

Un accent particulier sera mis sur la reprise des activités académiques et pédagogiques de l’institut annexe de formation des agents de développement communautaire de Damara et les formations scientifiques et techniques et qui rendent nos jeunes diplômés attrayants sur le marché de l’emploi.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Les malheureux événements intervenus dans notre pays, ont entrainé dans leur sillage un bouleversement social important, ayant ébranlé certaines valeurs communautaires qui fondent l’âme du peuple centrafricain à savoir : la fierté, la fraternité, la tolérance, le dialogue, la solidarité dans nos communautés, ayant toujours vécu en symbiose.

Il faut reconnaitre que l’enrôlement des jeunes dans les opérations de destruction et de déstabilisation du pays a été un élément majeur dans ces événements.

Par conséquent, il est aujourd’hui tout à fait évident qu’en raison d’une perte de repères identitaires engendrés par lesdits événements autour des valeurs de tolérance, du pardon et de la paix, la jeunesse qui est l’avenir de notre pays est devenue actrice et en même temps victime de cette situation de désolation que nous connaissons.

Pour y remédier, le Gouvernement entend insuffler une nouvelle dynamique et créer un cadre favorable pour l’épanouissement de la jeunesse, afin qu’au bout du compte, elle puisse agir promptement en tant qu’artisan de la paix et de développement de notre cher et beau pays.

S’agissant des Sports, l’accent sera mis sur la redynamisation au plan national de nos différentes fédérations sportives et la revalorisation des championnats nationaux, toutes disciplines sportives confondues, ainsi que l’identification des nouveaux talents à travers la revitalisation du sport scolaire, universitaire et les jeux interrégionaux.

La mise en œuvre des grands axes d’actions ci-dessous identifiées, considérés comme porteurs de résultats probants sur le court, moyen et long terme, contribueront à une reprise en mains de notre jeunesse et des sports dans le pays.

Ainsi, dans le domaine de la promotion de la Jeunesse, il s’agira de :

- Rassembler et mobiliser la jeunesse centrafricaine pour la paix, le vivre ensemble et le développement ;

- Promouvoir l’éducation à la citoyenneté et aux valeurs traditionnelles positives en milieu jeune ;

- Encourager les jeunes à faire montre de leurs talents dans les Sports, les Arts et la Culture ;

- Accélérer et intensifier la mise en œuvre du projet conjoint d’appui à la prévention et réduction de la vulnérabilité des adolescents et jeunes ;

- Créer un espace de loisirs et de détente pour la jeunesse dans les villes et en milieu rural;

- Mettre en place le Fonds National d’Appui aux Initiatives des Jeunes.

- Intégrer le Service Civique comme composante de toutes les actions de promotion et/ou d’appui à la jeunesse.

Dans le domaine du développement des Sports, mon Gouvernement veillera à :

- Contribuer à la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble par le développement du sport de proximité ;

- Doter en petits équipements, pour la relance du sport scolaire et universitaire pour identifier des jeunes talents dans les différentes disciplines sportives;

- Remettre à niveau les infrastructures de l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) de Bangui, en vue d’améliorer les capacités d’accueil et les conditions adéquates de formation à ce niveau supérieur ;

- Valider le document de Politique Nationale en matière de sport ;

- Poursuivre et finaliser le processus de création de Fonds National de Développement du Sport ;

- Accroitre la rentabilité de l’Office National de Promotion des Infrastructures Sportives Publiques (ONASPORTS) et améliorer ses offres aux sportifs ; et

- Promouvoir les infrastructures sportives.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Dans le domaine du travail, de l’emploi et de la protection sociale, je m’adresserai directement à la jeunesse centrafricaine, car elle constitue notre espoir et l’avenir de notre pays. Cette jeunesse qui représente la majeure partie de notre population, puisque 45% de la population est âgée de moins de 18 ans, devra, elle aussi, participer à l’effort de redressement national. Elle a montré, dans un passé récent qu’elle est capable d’initiatives, de courage et de savoir faire.

En effet, la crise que la République Centrafricaine a connue, a détruit plus de 10.000 emplois directs et indirects. Ce qui constitue un véritable drame et un défi à relever.

Pour reconstruire une société en ruines, il faut bien plus que des briques et du mortier. Très souvent, le plus dur est de redonner aux personnes des perspectives, de la dignité et de l’espoir. Cela passe par le travail.

Pour la communauté dans son ensemble comme pour les individus, la création d’emplois décents et de revenus réguliers est la condition sine qua non pour retrouver cette dignité et cet espoir.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Dans les situations post-conflit, l’emploi est la clé d’un retour rapide à la cohésion sociale, la stabilité, la croissance économique et une paix durable.

La création d’emplois pour les jeunes, qui peuvent apporter leur énergie positive et leur force est un véritable défi car ces jeunes sont souvent enfermés dans le cercle de violence, de pauvreté, d’illettrisme et d’exclusion sociale.

Le gouvernement que j’ai l’insigne honneur de diriger sous la très haute impulsion de Son Excellence le Professeur Faustin Archange Touadera, Président de la République, Chef de l’Etat, s’est donné une vision claire dans le domaine de l’emploi.

Tout d’abord nous allons mettre en œuvre le Programme-Pays pour le Travail Décent (PPTD) qui constitue le principal vecteur de soutien de l’O.I.T. à la mise en œuvre de l’Agenda du travail décent en Afrique.

Dans ce cadre, il est urgent de procéder à la relecture et à l’adoption du Programme- Pays pour le Travail Décent de la République centrafricaine (2012-2014) ainsi que la signature de son Protocole d’Accord entre le gouvernement et le Bureau International du Travail (B.I.T.), mis en veilleuse à cause de la crise.

Nous allons également :

- Procéder à l’adoption du projet de loi portant création d’un observatoire National du Travail pour mettre à la disposition des pouvoirs Publics et des partenaires les statistiques fiables en matière du travail ;

- Elaborer la Politique Nationale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle qui est la recommandation du Forum National sur le Travail Décent, Organisé en 2011, avec l’appui du Bureau International du Travail et les autres partenaires au développement ;

- Lancer sans tarder le Programme de contrat de stage d’insertion Professionnel en entreprise. Ce programme a pour objectif de donner la possibilité aux jeunes diplômés en quête du premier emploi d’acquérir au sein des entreprises de la place des connaissances pratiques d’un métier et d’avoir ainsi leur première expérience professionnelle.

Le Gouvernement s’attèlera à mettre en œuvre le projet de Développement de la Formation Pré-Emploi qui concerne à la fois les déscolarisés, les jeunes diplômés et primo-demandeurs d’emploi.

S’agissant des jeunes diplômés sans emplois et Primo-demandeurs d’emploi, la formation concernera à la fois ceux qui ont besoin de renforcer leurs capacités dans leur propre filière de formation et ceux qui sont diplômés dans des filières où les possibilités d’embauches sont très faibles et à qui il faut donner des formations supplémentaires pour augmenter leurs chances de trouver un emploi.

Enfin, en application de la Profession de Foi du Professeur Touadéra, Chef de l’Etat, le Gouvernement entend mettre en place le Projet de création d’emploi par le secteur privé.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Au regard de tout ce programme d’actions innovant en faveur de notre jeunesse, je me permets de demander à tous les jeunes de notre pays de participer avec toute leur ardeur et leur enthousiasme à l’énorme tâche qui nous attend.

Ce faisant, je leur demande également, et c’est là leur principal devoir à mes yeux, de s’instruire, de maîtriser le savoir-faire et la technique qui ont fait défaut à leurs parents, car ce sont les techniciens, les ingénieurs, les médecins, les instituteurs et les professeurs de demain qui sortiront définitivement notre pays du sous-développement et de la précarité.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Au moment où ma Déclaration de Politique Générale semble tirer à sa fin, d’aucuns se poseront la question de savoir quel est le sort réservé à cette tranche de la population qui a tout donné au pays et qui doit désormais jouir d’une retraite méritée ? Je veux ici parler des retraités et pensionnés.

En effet, par la loi n°59-65 du 28 janvier 1960, la caisse centrafricaine des pensions a été créée pour les agents de l’Etat qui supportent tout au long de leur carrière, une retenue de 6 à 8 % de leur salaire de base. En contre partie, la caisse leur verse dès leur admission à la retraite, une pension de retraite et en cas de décès, une pension de réversion est accordée aux ayants droits.

Le contrôle-paiement réalisé par l’Union Européenne en 2003 et l’audit de la solde des ministères ciblés par l’appui budgétaire fait par FINORG en 2004, ont relevé des irrégularités qui perdurent jusqu’à ce jour.

Je dois ici reconnaitre que les arriérés de pensions sont une épine qui se glisse toujours sous les pieds de la plupart des régimes qui se sont succédé en Centrafrique.

Toutefois, je m’emploierai dans un premier temps à faire aboutir le processus de la création de la caisse autonome de pensions et procéderai graduellement à l’apurement des arriérés de Pensions avec l’appui de nos partenaires traditionnels.

Monsieur le Président,
Honorables Députés,
Chers Compatriotes,
Pour finir mon propos, je dois aborder quelques questions transversales telle que la Communication.

En ce qui concerne la communication, le Gouvernement s’engage à :

- mettre en place un système de communication gouvernementale coordonnée, afin d’assurer la visibilité des actions de l’Etat et de faciliter la circulation des informations entre les Institutions, et mener des négociations avec les partenaires au développement, en vue de doter la RCA de stations radios et télé, pouvant couvrir l’ensemble du territoire national.

Face aux attentes immenses, mais légitimes, de nos concitoyens, face aux conséquences des choix que nous aurons à faire pour améliorer notre avenir commun et, à ce moment crucial de notre histoire, l'humilité est bonne conseillère. Et, mon propos s'inscrit dans ce cadre.

Quelles que soient les convictions des uns ou des autres, Honorables Députés, vous pourrez attendre de mon gouvernement une attitude de courtoisie, qui n'exclura certainement pas de ma part de la fermeté sur mes objectifs, et une capacité d'écoute qui n'exclura pas la clarté des choix que je vous soumettrai.

Je pense que servir la démocratie, c'est non seulement donner au discours politique son sérieux et sa dignité, mais aussi et surtout, c'est réhabiliter la réflexion, l'analyse en entretenant le respect des autres, par la capacité de comprendre et par la capacité d'expliquer.

C'est le respect de notre engagement à rétablir et à consolider durablement la paix sociale dans le pays, par des réformes ambitieuses, car nous le devons à tous ceux qui ont payé, au prix de leur vie, les affres des incompréhensions qui ont failli plonger notre nation dans le chaos.

C'est l'attitude que nous allons cultiver vis-à-vis de ceux qui ne partageront pas nos idées, mais avec qui nous devons continuer à dialoguer pour les convaincre, parce que notre histoire nous a appris que nous ne bâtirons rien les uns contre les autres.

Que le Tout Puissant inspire nos actions dans cette direction.

L’union sacrée autour de la vision du Président de la République est recommandée. Elle nous permettra enfin de prouver aux yeux de la communauté internationale la capacité des Centrafricains à s’unir dans l’intérêt de leur pays. Les clivages qui tendent à devenir l’image d’Epinal de notre existence sont désormais derrière nous.

Je m’en remets à vous, Représentants du peuple centrafricain pour apprécier la profondeur de ce programme de politique générale.

Je vous remercie de votre bien aimable attention.

Pour le Groupe Parlementaire MLPC,

Honorables Clément NOBONA et Martin ZIGUELE,
Député de Kabo I et Bocaranga III

 DECLARATION DU GROUPE PARLEMENTAIRE MLPC RELATIVE AU DISCOURS PROGRAMME DU  PREMIER MINISTRE CHEF DU GOUVERNEMENT Son excellence SIMPLICE MATHIEU SARANDJI

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